Cinéphile m'était conté ...

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Europe du Nord


Jours sombres en Islande (L'affaire Benedikt Gröndal)

C'est une Islande grise et tourmentée, qui a perdu beaucoup de sa grandeur, en cette fin de XIXe siècle, qu'évoque Guðmundur Andri Thorsson dans L'affaire Benedikt Gröndal, son deuxième roman traduit en français. Un pays encore sous le joug danois et qui traverse des jours sombres à travers une épidémie de rougeole qui décime la population. Le livre décrit une affaire célèbre dans le microcosme intellectuel islandais, avec trois protagonistes principaux : le narrateur, un jeune étudiant d'origine modeste qui a commis un geste insensé en volant un manuel de danois à l'un de ses condisciples ; le censeur sévère et inflexible de son lycée, Björn Magnússon Ólsen; qui n'a de cesse de l'exclure ; le professeur et poète Benedikt Gröndal, peu populaire auprès de l'élite de Reykjavik car fréquentant volontiers le petit peuple et qui va défendre l'élève incriminé. Thorsson alterne les chapitres autour de ces trois personnages, prétexte à décrire un milieu privilégié où les antagonismes prévalent alors que le pays tout entier s'enfonce dans la nuit. L'affaire Benedikt Gröndal est davantage le livre d'un poète que d'un romancier, ne se concentrant qu'à de rares moments au coeur de cette affaire. Il escamote même en grande partie la discussion ultime où sera décidé des suites à donner du méfait de l'étudiant. Toute l'histoire est racontée, des années plus tard, comme un immense flashback par le jeune garçon par qui le scandale est arrivé, devenu magistrat et conscient que son avenir aurait pu basculer en ces funestes journées. Un livre exigeant, au style souvent éthéré, qui laisse une impression mitigée.

 

 

L'auteur :

 

Guðmundur Andri Thorsson est né le 31 décembre 1957 en Islande. Il a publié La valse de Valeyri.

 


14/07/2019
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Complexité de la comédie humaine (Bret Easton Ellis et les autres chiens)

Bret Easton Ellis et les autres chiens fait partie de ces livres qui laissent circonspect et partagé, ce qui était d'ailleurs le cas pour Les amants polyglottes, premier roman traduit en français de l'écrivaine suédoise Lina Wolff, mais qui était en réalité postérieur à Bret Easton Ellis ... Contrairement à ce que semble prétendre la quatrième de couverture, le livre est loin d'être limpide avec sa narration qui ressemble plutôt à un assemblage hétéroclite de nouvelles plus ou moins interconnectées autour d'Alba, son personnage le plus intrigant, qui reste en définitive un mystère complet. Lina Wolff est traductrice d'auteurs latino-américains et sans doute y puise-t-elle une sorte de réalisme magique mais confronté à des histoires assez cruelles avec des personnages en général peu aimables, on ne peut pas dire que l'alchimie soit une pleine réussite, du moins pas de manière constante. Le style de la romancière est pourtant enlevé, foisonnant par moments, et pas dénué d'humour, mais ce qu'elle dit de la comédie humaine, de l'amour et des relations entre hommes et femmes n'est pas très souriant et cette noirceur continue est parfois lassante par son côté systématique. Peut-on affirmer que Lina Wolff est une autrice féministe ? Elle tourne en ridicule Houellebecq et Bret Easton Ellis et leur vision des femmes mais, dans le même temps, son livre fait beaucoup penser au premier, ce qui est sans doute voulu mais ne contribue pas à rendre l'ouvrage plus sympathique. Elle a un talent indéniable, pourtant, mais vraiment gâché par une construction inutilement complexe de son récit et une inégalité d'intérêt entre les différents segments qui le composent.

 

 

L'autrice :

 

Lina Wolff est née le 22 octobre 1973 à Lund (Suède). Elle a publié Les amants polyglottes.

 


01/06/2019
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Voyeur sans but (Le narrateur)

Bragi Olafsson, ancien bassiste des Sugarcubes, s'est reconverti depuis longtemps dans l'écriture avec plusieurs romans publiés en Islande et un seul jusqu'alors, Les animaux de compagnie, traduit en français. Un livre amusant mais qui ne laissait pas un souvenir impérissable. Avec Le narrateur, paru en 2015 en Islande, Olafsson ne s'éloigne pas d'une trame minimaliste, qui semble être sa marque de fabrique, avec un individu (le narrateur, donc) qui en suit un autre dans les rues, les bars, les magasins et un cinéma de Reykjavik. Le second a été dans le passé l'amant d'une femme, ce que le premier aurait bien apprécié être à sa suite, d'où son ressentiment vis-à-vis de son "concurrent". Il ne se passe pratiquement rien dans ce métaroman assez fade dans l'ensemble et dont on se demande s'il a la prétention d'être drôle, ou non. On sent l'influence de Kafka et du "nouveau roman" mais le problème est que le contenu est relativement anodin et lasse très vite malgré la brièveté de l'ouvrage. Le narrateur, qui est le personnage principal (ou pas, puisque Olafsson passe souvent de la première à la troisième personne), semble n'avoir rien de mieux à faire dans la vie que d'épier les faits et gestes d'un de ses semblables comme un voyeur sans but. Il suinte beaucoup l'ennui et cela se sent un peu trop. A noter que pendant de longues pages, Olafsson décrit le déroulement du film La grande bouffe que son "héros" voit au cinéma. Hélas, cela est d'un intérêt très limité pour la progression d'un livre qui, passé l'exposition initiale, se contente de stagner.

 

 

L'auteur :

 

Bragi Olafsson est né le 11 août 1962 à Reykjavik. Il a publié 7 romans dont Les animaux de compagnie.

 


24/04/2019
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A la retraite (Ce que savait la nuit)

Tous les six mois, ou presque, "sort" un nouvel Indridason. Ce ne sont pas toujours des livres récents, avec la traduction de ses premiers ouvrages (Les fils de la poussière), mais le rythme de parution est tout de même trop frénétique pour que la qualité soit toujours au rendez-vous. Ce que savait la nuit (un titre qui pourrait convenir à une bonne moitié des polars publiés) se présente comme un roman détaché de toute série dans l'oeuvre du romancier islandais mais il reprend néanmoins un enquêteur déjà vu dans le dernier tome de La trilogie des ombres. Konrad, ce policier à la retraite, est donc le personnage principal d'un livre qui n'ajoutera rien à la gloire d'Indridason. L'intrigue est assez peu passionnante, bien que toujours bien menée, mais c'est ce bon vieux Konrad qui n'enthousiasme guère malgré une personnalité plutôt complexe et quelques drames dans sa vie personnelle. C'est un peu injuste mais les lecteurs des premiers jours, ceux en France qui ont découvert l'auteur avec l'immense La cité des jarres (traduit en 2005), porteront toujours en eux l'abandon de ce cher commissaire Erlendur qui a transcendé les récits d'Indridason durant une bonne décennie. Depuis, même si les qualités du romancier ne se sont pas évanouis dans les brumes d'Islande, ce ne sera plus jamais tout à fait pareil.

 

 

L'auteur :

 

Arnaldur Indidason est né le 28 janvier 1961 à Reykjavik. Il a publié 21 romans dont La cité des jarres, Hiver arctique et Hypothermie.

 


14/03/2019
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Dans le meilleur des mondes (Les outrages)

Inconnu en France, jusqu'à la parution début 2019 de Les outrages, le romancier danois Kaspar Colling Nielsen nous est présenté comme le "Houellebecq scandinave." C'est en partie vrai pour la radicalité du propos, le goût de la provocation, la permanence du cynisme et un humour franchement noir. Et aussi un style assez simple mais brillant au service d'une architecture narrative extrêmement pensée et efficace. Il s'agit d'une dystopie, un genre que semble affectionner l'auteur (parmi ses romans inédits figure un titre prometteur : La guerre civile danois 2018-2024). En vrac, dans Les outrages, il y a la description d'un bout de terre au Mozambique où les danois envoient leurs réfugiés et autres indésirables mais aussi un lieu au sud de Copenhague où l'élite intellectuelle, scientifique et artistique s'est regroupée progressivement. Il y a des drones omniprésents qui simplifient la vie des humains, des animaux sur lesquels sont menées des expériences et qui parlent, pour certains d'entre eux (le dialogue entre une pie et un chien dans un avenir plus ou moins proche sert de fil conducteur au livre). 4 personnages ont le premier rôle, un galeriste, sa femme scientifique, leur fille qui cherche un sens à sa vie et un peintre qui ne peut travailler s'il n'a pas sa dose de sexe. Ce qui nous vaut un assez grand nombre de scènes qu'on ne peut qualifier autrement que de pornographiques et qui feraient passer Houellebecq pour un écrivain pudibond. Les outrages est un roman d'anticipation mais assez crédible du point de vue des avancées scientifiques et de l'évolution des relations sociales dans un meilleur des mondes assez terrifiant où l'agrégation des égoïsmes fait fonctionner la communauté humaine. En privilégiant les plus nantis sans qu'aucune espèce d'éthique n'ait le droit de s'exprimer. Malgré ses fulgurances, le livre laisse pourtant une impression mitigée. Peut-être à cause de son pessimisme angoissant ?

 

 

L'auteur :

 

Kaspar Colling Nielsen est né en 1974 à Copenhague. Il a publié 3 romans.

 


24/01/2019
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Dopage au foie de morue (Les fils de la poussière)

Cela faisait longtemps que les aficionados d'Indridason attendaient que ses deux premiers romans soient enfin traduits en français, d'autant qu'ils appartiennent à la série du commissaire Erlendur Sveinsson. Voilà qui est fait pour le tout premier, Les fils de la poussière, et nul doute que le deuxième suivra bientôt. Ce n'est pas sans émotion que l'on découvre la première description d'Erlendur, assez schématique malgré tout et où domine le caractère fruste du policier. Finalement, il n'est que l'un des nombreux personnages de cette drôle d'histoire de dopage au foie de morue, peu crédible et au dénouement non moins improbable. Ceci dit, le savoir-faire de l'auteur est déjà indéniable dans ce premier roman très sombre où Indridason montre une grande empathie pour les malchanceux de la vie, les déclassés et les marginaux de la si policée société islandaise. Les basses intrigues des laboratoires pharmaceutiques et leur absence de morale y sont notamment épinglées avec une juste férocité. Plus de 20 ans après la publication initiale du livre, cet état de fait n'a évidemment pas beaucoup changé. Quant à Erlendur, faute d'avoir des nouvelles fraîches, on l'attendra patiemment dans la future traduction de Dauðarósir, sa deuxième enquête.

 

 

L'auteur :

 

Arnaldur Indridason est né le 28 janvier 1961 à Reykjavik. Il a publié 20 romans dont 14 dans la série du commissaire Erlendur Sveinsson.

 


15/12/2018
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Les étés sur l'île (Le registre de l'inquiétude)

Le temps fait son oeuvre : Linn Ullmann ressemble de plus à Liv, sa mère, actrice qui a illuminé quelques uns des films d'Ingmar Bergman. Le réalisateur suédois, dont on fête cette année le centième anniversaire de la naissance, est justement le père de la romancière. S'il se maria à 5 reprises (et eut 9 enfants), Bergman ne convola jamais avec Liv Ullmann et ils ne vécurent ensemble que peu de temps. L'histoire de Linn avec son père ne se déroula donc pratiquement qu'en été, sur cette île de Farö, si chère à l'auteur des Fraises sauvages. Le registre de l'inquiétude est un roman, selon sa couverture, ne serait-il pas plutôt une sorte d'autobiographie avec père ? Comme toujours dans ce genre de livres, la part de fiction nous est inconnue et c'est aussi ce qui en fait le charme. C'est un récit qui vient comme arrivent des bribes de souvenirs, sans hiérarchie ni chronologie rigoureuses. Linn y est tour à tour fillette, adolescente, adulte, mère elle-même. Parfois avec Liv, en Norvège ou, pendant une longue période, en Amérique, où l'actrice habitait. Mais surtout, sur l'île, en été, auprès d'un père qui profitait de la belle saison pour écrire (le reste de l'année, il mettait en scène au théâtre et réalisait des films, sans jamais s'arrêter, ou presque). Les conversations entre père et fille sont intermittentes jusqu'à ce qu'elles soient enregistrées, en vue d'un projet de livre qui aurait été écrit à 4 mains. Mais c'est le dernier été de Bergman et ses réponses sont incohérentes et digressives. Mais qu'importe, elles font partie de l'héritage de Linn Ullmann et elle nous en livre quelques extraits : surprenants, touchants, surréalistes souvent. Le registre de l'inquiétude parle de création, de famille, de transmission, de musique, de cinéma et, avant tout, des ravages de la vieillesse et de la façon dont on se prépare à la mort. Mais ce n'est pas un livre triste, mélancolique, quand même beaucoup. il y a le style de Linn Ullmann, sa fluidité, et une distance qu'elle prend avec ces morceaux d'histoire personnelle. Pour ne jamais se prendre les pieds dans l'impudeur tout en évoquant des choses intimes. Une sonate d'été, en quelque sorte, pour faire référence à l'un des films les plus célèbres du maître suédois.

 

 

L'auteure :

Linn Ullmann est née le 9 août 1966 à Oslo. Elle a écrit 6 romans dont Avant que tu n'endormes, Miséricorde, Et maintenant il ne faut plus pleurer.

 


24/10/2018
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Un paysage trop grand (Il n'en revint que trois)

Difficile de trouver plus isolée que cette ferme perdue dans la nature islandaise que décrit Gudbergur Bergsson dans Il n'en revint que trois. Les personnages du livre ne semblent qu'habiter les paysages, trop grands pour eux, et ils n'ont d'ailleurs pas droit à une autre identité que "le gamin", "le fils", etc. La vie est morne avec quelques rares visiteurs pour égayer le quotidien en attendant la deuxième guerre mondiale et l'occupation britannique puis américaine et l'ouverture forcée de l'Islande au monde. Une histoire que connaissent bien les lecteurs des derniers livres d'Indridason autrement plus vivants que celui de Bergsson. Il n'en revint que trois pâtit d'un style monotone et d'un manque d'empathie de l'auteur pour ses personnages sans véritable épaisseur psychologique. Le ton glacé du roman laisse de marbre avec des thématiques déjà lues ailleurs et des enjeux qui laissent presque indifférents. Décevant.

 

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L'auteur :

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Gudbergur Bergsson est né le 16 octobre 1932 à Grindavik (Islande). Il est l'auteur de près de 20 romans dont L'aile du cygne et Deuil.


10/07/2018
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La perversion de l'innocence originelle (Passage des ombres)

On a l'impression de le connaître depuis très longtemps mais pourtant Arnaldur Indridason n'est connu en France que depuis 2005 et La cité des jarres (sans doute son meilleur livre). Ce sentiment de familiarité est sans doute dû à la fréquence de ses publications mais aussi au climat qu'il a réussi à installer, roman après roman, et notamment, impossible de ne pas y faire allusion, dans la série du commissaire Erlendur Sveinsson que Indridason a décidé d'abandonner avant de s'attaquer à une trilogie prenant pour cadre l'occupation américaine en Islande du temps de la deuxième guerre mondiale. Assez bizarrement, son dernier volet (en France) est le premier paru en Islande mais cela n'a que peu d'importance dans le sens que les trois romans, qui ont un véritable air de famille, peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Sur la forme, il n'y a guère de surprises dans Passage des ombres : une double intrigue à des années de distance dont une, en 1944, mettant en scène soldats américains et jeunes femmes islandaises ; des révélations progressives et toujours un temps d'avance du lecteur sur les enquêteurs ; des dialogues qui constituent toujours la faiblesse des livres de l'auteur, pas très bien écrits et souvent construits de la même façon (la personne interrogée, après des dénégations, finit toujours par avouer quelque chose). C'est cependant assez efficace car Indridason a du savoir-faire et sait distiller ses informations au fur et à mesure de manière à ne jamais laisser tomber la pression. Mais relativement convenu tout de même et sans la profondeur psychologique qui caractérisait la plupart des polars "erlenduriens". En revanche, la thématique historique est passionnante dans la façon dont l'aborde l'auteur avec l'irruption brutale de la réalité du monde (avec l'occupation britannique puis américaine) dans une île jusqu'alors peu ouverte vers l'extérieur et avec des relations sociales bâties en partie autour de mythes et légendes. Pour beaucoup d'islandais, ces années 40 marquèrent une sorte de perversion de leur innocence originelle et c'est ce thème qui semble désormais hanter Indridason, et plus particulièrement dans cette Trilogie des ombres.

 

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L'auteur :

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Arnaldur Indridason est né le 28 janvier 1961à Reykjavik. Il a publié 21 romans dont La cité des jarres, Hiver arctique et La muraille de lave.


22/06/2018
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Destins de jumeaux (L'abîme)

Qu'est-ce qui a poussé Ib et Kaj, frères jumeaux danois, à s'engager ensemble en 1918 dans la guerre civile finlandaise contre le péril rouge ? L'envie de connaître des sensations fortes plus que pour des raisons idéologiques, sans doute. Toujours est-il que cette expérience, traumatisante et exaltante, aura un caractère déterminant sur le reste de leur vie. Dans L'abîme, Kim Leine raconte leur parcours jusqu'en 1944, en temps de guerre, puis de paix, puis de nouveau de guerre, avec l'Occupation allemande du Danemark. C'est un roman rude, parfois très appuyé dans l'horreur, et qui s'attache à décrire la complexité de l'âme humaine, avec une certaine insistance sur sa noirceur. Passe encore pour Kaj qui est un instable chronique mais Ib se rapproche lui davantage d'un dément ou disons d'un type peu recommandable aux comportements parfois violents et erratiques. Des personnages que l'auteur rend volontairement peu sympathiques, donc, ce qui a pour effet de nous maintenir à distance du roman, voire de ressentir un certain dégoût quand Kim Leine pousse le bouchon un peu trop loin dans les atrocités. En contrepartie, il est juste de souligner le souffle narratif de L'abîme et l'aisance dans une écriture qui multiplie à l'envi des styles de récit différents. De ce pavé parfois désagréable à lire, on sort avec des sentiments mitigés, à la fois impressionné par sa touffeur et sa richesse et soulagé d'avoir tenu jusqu'au bout.

 

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L'auteur :

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Kim Leine est né le 28 avril 1961 à Bo (Norvège). Il a notamment publié Les prophètes du fjord de l'éternité.

 


13/06/2018
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